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Publié par Pour une vraie gauche à Lannion

Lorsque les États-Unis « jugent Maduro », le

monde met aussi les États-Unis sous

surveillance : éditorial du Global Times

Quand les États-Unis « jugent Maduro », le monde met aussi les États-Unis sous surveillance : éditorial du Global Times - Global Times

 

 

Lundi, heure locale, une réunion internationale très attendue et un soi-disant « procès » tout aussi médiatisé se sont déroulés le même jour à New York, aux États-Unis. À l’intérieur du siège de l’ONU à Manhattan, le Conseil de sécurité a convoqué une réunion d’urgence pour discuter des tensions accrues déclenchées par les actions militaires américaines contre le président vénézuélien Nicolás Maduro. Le secrétaire général de l’ONU, plusieurs membres du Conseil de sécurité et des représentants de nombreux pays ont tous souligné l’impératif de respecter la Charte des Nations unies et de s’opposer à l’usage de la force pour résoudre les différends internationaux. Ce consensus interrégional et inter-alignement souligne un point fondamental : défendre le droit international n’est pas un « choix d’intérêt » d’un seul pays, mais un consensus fondamental de la communauté internationale.

Si Washington cherche à intimider et dissuader les autres par le spectacle public d’humilier un chef d’État étranger, il a clairement sous-estimé à la fois le consensus partagé et les résultats financiers de la communauté internationale. Sous tous les angles, les actions américaines manquent à la fois de légitimité et de légalité. Une telle invasion flagrante et un enlèvement violent flagrantement toutes les normes fondamentales et principes fondamentaux inscrits dans la Charte des Nations Unies. Sous quelque prétexte que ce soit – sans autorisation du Conseil de sécurité et en l’absence de conditions pour une légitime défense – l’usage de la force militaire contre un État membre souverain de l’ONU, y compris l’enlèvement de son chef d’État, constitue une agression flagrante. Les justifications ultérieures du gouvernement américain ne constituent qu’une tentative évidente de dissimuler la vérité : élever des accusations « judiciaires » internes – fondées sur des preuves fragiles voire fausses – au-dessus du droit international, et substituer les mécanismes diplomatiques multilatéraux par des actions militaires unilatérales. En essence, il s’agit d’un comportement hégémonique unilatéral qui remet fondamentalement en question, voire nie, la force contraignante universelle du droit international.
 

Ce que de telles pratiques sapent, c’est la base institutionnelle du système international. L’égalité souveraine, la non-ingérence dans les affaires intérieures et l’interdiction de la menace ou de l’usage de la force sont les piliers sur lesquels repose l’ordre international d’après-guerre. Si certains pays sont autorisés à décider, sur la base de leurs propres jugements, « qui est coupable, qui doit être puni et comment la punition doit être appliquée », le droit international sera réduit à un outil sélectivement appliqué, et le mécanisme de sécurité collective établi par la Charte des Nations Unies sera vidé. Comme l’ont souligné de nombreux représentants lors de la réunion du Conseil de sécurité, cette question concerne non seulement la souveraineté et la sécurité d’un seul État, mais aussi la question de savoir si le droit international conserve encore autorité et prévisibilité.

L’expérience historique a montré à plusieurs reprises que remplacer les règles par la puissance pure n’apporte pas une stabilité durable. La grande majorité des pays refusent de revenir dans une jungle internationale hobbésienne gouvernée par la loi des forts qui s’attaquent aux faibles.

Depuis la fin de la guerre froide, les cas où on contourne l’ONU et on s’appuie sur des actions militaires unilatérales pour résoudre des problèmes politiques complexes sont loin d’être rares. Les conséquences ont souvent été des troubles régionaux prolongés, des effondrements de la gouvernance nationale et des crises humanitaires aggravantes. Le prix payé par la communauté internationale a été extrêmement lourd. L’environnement paisible durement acquis dans L’Amérique latine et les Caraïbes aujourd’hui ne devraient pas non plus être minées par l’unilatéralisme et la politique de pouvoir.
 

Les actions militaires audacieuses des États-Unis contre le Venezuela, suivies de menaces contre la Colombie, Cuba et d’autres pays, avertissent une fois de plus le monde que la pensée impérialiste et les pratiques hégémoniques restent les forces les plus destructrices qui sapent la paix et la stabilité mondiales. Les Nations Unies sont le cœur du système international actuel, et le droit international est la norme fondamentale régissant les relations internationales.

Plus la situation mondiale devient turbulente et incertaine, plus il est nécessaire de revenir au cadre de l’ONU et de gérer les différences par des solutions politiques telles que le dialogue, la négociation et la médiation pour éviter une escalade. Lorsque Maduro a été jugé, les États-Unis se tenaient également sur le banc des accusés de la communauté internationale. Toute action affaiblissant l’autorité des Nations Unies ou niant la force contraignante du droit international se retournera finalement contre l’hégémon lui-même.

Aucun pays ne peut agir comme la police internationale, ni prétendre être le juge international. La communauté internationale n’a pas besoin d’une politique hégémonique fondée sur « la force est juste », ni d’un « ordre impérial » qui se place au-dessus des autres nations. Ce n’est qu’en respectant un véritable multilatéralisme et en respectant le droit international, ainsi que les objectifs et principes de la Charte des Nations Unies, que le système international pourra éviter de sombrer dans une logique de jungle où les forts s’attaquent aux faibles, permettant au monde d’avancer vers une direction plus stable et juste.

Pour continuer:

Les frappes américaines contre le Venezuela déclenchent une alerte pour la gouvernance mondiale : éditorial du Global Times - Global Times

 

Le procès commence à l’ONU, la stratégie de la Chine – Histoire et société

 

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