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L'Humanité lannionnaise. Lannion et Tregor

Autre point de vue celui de Respublica sur Valls/Hollande

27 Août 2014 , Rédigé par Pour une vraie gauche à Lannion

Ils iront jusqu’au bout ! à moins que…
Mardi 26 août 2014
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Voilà que le gouvernement Valls I lancé en grande fanfare ne tient pas plus de 147 jours. On peut prévoir que Valls II sera encore plus dur pour la classe populaire ouvrière et employée. Pourquoi ? Parce qu’ils iront jusqu’au bout pour défendre les intérêts de la classe dominante.

L’accélération, le durcissement, la diffusion dans tous les pores de la société des politiques néolibérales sont patents. Le 29 mai 2005, la France a dit non au Traité constitutionnel européen (TCE). Qu’à cela ne tienne, les néolibéraux l’ont quand même ratifié d’une manière illégitime par le Traité de Lisbonne, ersatz du TCE. Ils ont aggravé le recul de la démocratie. Le Traité pour la stabilité, la coopération et la gouvernance (TSCG), le Mécanisme européen de stabilité (MES), la poursuite des actes de décentralisation anti-démocratique avec l’Acte III, les projets de fédéralisation européenne anti-démocratique sont la réponse de l’oligarchie au choix populaire du 29 mai 2005.

Mais, aujourd’hui, c’est à l’échelle internationale que la politique néolibérale s’accélère. 

Le Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (PTCI), le Partenariat transpacifique pour le commerce et l’investissement, l’Accord sur le commerce et les services (ACS), l’Accord de libre-échange (ALE) Union européenne – Canada, sont en cours de négociation. Tous ces accords, d’après les mandats de négociation, visent à remplacer, pour le règlement des différents entre Etats et firmes multinationales, les tribunaux publics par des structures d’arbitrage privées. Mais aussi à baisser les normes de protection notamment sanitaires, environnementales, écologiques, sociales et autres. Mais encore à mettre en place le libre échange intégral contre le choix des peuples. Enfin à supprimer définitivement la souveraineté populaire.

Face à cela, les organisations dites anti-libérales refusent encore majoritairement de globaliser ces luttes en organisant uniquement des réunions publiques uniquement sur un des aspects de la politique néolibérale sans comprendre que tout ce qui vient d’être dit est un tout cohérent qui ne peut s’expliquer que par la globalisation géopolitique.1

Mais ce n’est pas tout. Différents intellectuels gourous se transforment en conseillers du prince pour proposer à ces derniers les solutions techniques à la crise financière et sociale. Et, bien sûr, autour d’eux, des organisations de toutes tailles, toutes dévouées aux idées de ces conseillers du prince se constituent. Mais vous avez en tête les noms de ces sociologues, économistes, politologues, tous plus ou moins alters, atterrés ou atterrants, qui jouent à qui sera le top model du discours anti-libéral. Tout cela n’a aucun effet sur le rapport des forces économique et politique. Ces Mister Monde (car ce sont des hommes) n’ont pas plus d’effet sur la lutte des classes que les Miss Monde sur l’émancipation des femmes.

Parce que la crise n’est pas uniquement financière et sociale, elle est aussi et surtout une crise culturelle, économique et politique. Si un altercapitalisme radical fut possible et souhaitable en 1944, l’altercapitalisme des alters est aujourd’hui obsolète. La question principale aujourd’hui n’est pas la solution technique prééminente et surplombante que les princes devraient utiliser pour que tout le reste se rétablisse de façon harmonieuse (quasi divine !) selon la stratégie du château de cartes mais bien une alternative globale au capitalisme en terme de modèle politique culturel et économique post-capitaliste. Non de faire table rase, comme le dit faussement l’Internationale, car toute transformation ne pourra se faire que via un processus d’évolution révolutionnaire, après avoir constitué et développé les bases d’appui existantes nécessaires.

Espérer un changement politique via les socialistes solfériniens a autant de chances de réussite que la poursuite des discours altercapitalistes antilibéraux qui ont montré qu’ils ne peuvent qu’échouer.

Par ailleurs, le maintien de la confusion au sein d’EELV n’est que le contrepoint de l’inefficience des « frondeurs socialistes ». La jouissance que l’extrême gauche se procure à elle-même dans son morcellement dogmatique sans fin n’est que le miroir de la grande info de rentrée du PCF : son secrétaire national ira à l’université du PS, quel courage, quelle avancée intellectuelle et pratique !

Seul Jean-Luc Mélenchon, conscient de l’échec du Front de gauche (et donc du Parti de gauche) aux élections de 20142 tente une modification de sa stratégie. Mais aucune alternative démocratique ne naîtra d’une aventure personnelle, potentiellement autoritaire et vouée à l’échec, ni d’un dénigrement unilatéral des partis, associations et syndicats existants. L’alternative démocratique ne pourra surgir que d’une construction collective. Nous jugerons donc sur pièces une fois que nous connaîtrons les fondamentaux du mouvement pour la VIe République que Jean-Luc Mélenchon nous propose. Mais la VIe République, la révolution citoyenne, le Front du peuple et l’écosocialisme, ne doivent pas rester des idées générales ; ils devront s’incarner dans les pratiques locales hors du système marchand (y compris dans ses initiatives d’éducation populaire !). Sans cela, les « vrais gens normaux », selon notre traduction de la formule de Saül Alinski continueront de regarder comme des bêtes curieuses les militants d’un autre temps. Ces derniers continuant de se lamenter de la difficulté de « faire venir du monde » à leurs réunions sans se poser la question de leur pratique sociale.

En attendant, les néolibéraux poursuivent leur politique criminelle d’enrichissement des plus riches, d’appauvrissement de la majorité du peuple, d’augmentation des inégalités sociales de toutes nature (en matière de salaires, de santé, de transports, de services publics, etc.), de la misère et de la pauvreté, de la destruction progressive des principes républicains issus du programme du CNR, d’une intensification de l’exploitation, de la domination et de l’expropriation.

Pourquoi ? Parce que cette politique leur a permis jusqu’ici de contrecarrer la loi de baisse tendancielle du taux de profit. Voilà pourquoi les solutions techniques sont au mieux sympathiques mais inopérantes. Seule une stratégie qui se pose les questions du pouvoir, du conflit inévitable, et de l’intérêt particulier dans un premier temps pourra atteindre ensuite une volonté générale. Bien évidemment, on commencera à se poser les questions du point de vue de la classe populaire ouvrière et employée, puis des couches moyennes intermédiaires.

Voilà pourquoi il faut en finir avec les jérémiades désabusées, avec l’illusion d’un chef charismatique sauveur du peuple, avec les meetings chauds prélude au froid de la solitude, du fatalisme et de la désespérance,ayons de l’audace, toujours de l’audace, encore de l’audace… Sinon, ils iront jusqu’au bout !

Avec 8 Français sur 10 qui ne croient pas à la politique du gouvernement, il y a besoin de travailler un projet alternatif, et de discuter des actions concrètes pour redonner espoir. Sinon les salariés s’abstiennent dans les luttes, et les citoyens s’abstiennent dans les isoloirs. Au moment même où le Président annonce un plan en faveur des entreprises – 40 milliards d’euros jusqu’en 2017 -, ce que même la droite n’avait pas osé faire, le patronat répond par un bras d’honneur. La France bat tous les records de distribution de dividendes, et même le journal Libération titre « Dividendes, l’indécence ». Ceux qui partagent ce constat doivent passer de la simple prise de position à l’action. Il faut créer les conditions du rassemblement, et il est inutile d’être d’accord sur tout pour actionner quelques leviers essentiels qui redonnent espoir aux classes populaires.

La France n’est pas l’Allemagne ou l’Angleterre. L’ambition de Hollande, Valls et consorts de faire de la gauche socialiste un parti centriste comme le SPD en Allemagne ou le Parti travailliste anglais se heurte à la tradition socialiste française, et à la difficulté de dégager une majorité politique sur cette ligne en France. Hollande et Valls en font l’expérience à leurs dépends. Il est possible de rebâtir une gauche en France, et de construire un rassemblement majoritaire pour une transformation sociale. Comme en 1936, comme en 1944. Car quand le peuple français retrouve l’espoir d’une vie meilleure, il sait soulever les montagnes – et les partis -, et faire des gauches des gauches de gauche. Comme en 1936, comme en 1944.

  1. Pire, certaines d’entre elles par coquetterie mondialiste néo-moderniste anglicisent tous les acronymes de façon que le peuple qui parle sa propre langue maternelle (pour la France, rappelons que la langue maternelle est le français et non l’anglais !) ne comprenne pas. Ils utilisent TAFTA (Trans-Atlantic Free Trade Agreement) et non PTCI, TISA (Trade in Services Agreement) et non ACS, CETA (pour Comprehensive Economic and Trade Agreement) et non ALE. []
  2. Voir les chroniques d’Evariste dans ReSPUBLICA depuis le 25 mai 2014 / http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/25-mai-2014-desastre-des-gauches-en-france-que-faire-%E2%80%8B/81862
    http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/progression-de-lautre-gauche-en-europe-et-regression-du-front-de-gauche-en-france-pourquoi/6182641
    http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/aux-7-peches-capitaux-de-lautre-gauche-francaise-opposons-7-pistes-demancipation/736042
    http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/oser-rompre-avec-les-impasses-intellectuelles-et-politiques/7362508. []
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Situation militaire en Ukraine au 25 août selon J.Sapir

27 Août 2014 , Rédigé par Pour une vraie gauche à Lannion

 

GUERRE CIVILE EN UKRAINE

 

Par Jacques Sapir, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), textes rédigés les 24 et 25 août 2014 et diffusés par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP)

 

http://russeurope.hypotheses.org/2675

 

http://russeurope.hypotheses.org/2654

 

 

Par Jacques Sapir, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), textes rédigés les 24 et 25 août 2014 et diffusés par le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP)

 

Le 26 août 2014.

 

La situation militaire dans l’Est de l’Ukraine évolue actuellement en faveur des insurgés. Avant d’en venir à une description des opérations, il faut d’abord faire un certain nombre de remarques.

• (1) Au journal de 20h du samedi 23 août, le reportage des journalistes de France-2 a été exceptionnellement honnête. Les bombardements des forces loyales au gouvernement de Kiev, leur caractère aléatoire (un hôpital et une école furent touchés), et leurs dramatiques conséquences, ont été montrés. Il s’agit, peut-être, d’un tournant dans la couverture médiatique de cette guerre civile.

• (2) Ceci conduit à regarder les mots qui sont utilisés pour décrire cette situation. Le gouvernement de Kiev utilise « opération anti-terroristes », ce qui est une honteuse mascarade. Que l’on approuve, ou non, les insurgés, ces derniers ne SONT PAS des terroristes, ou alors ils le sont tout autant que les résistants français, qualifiés de « terroristes » par le gouvernement de Vichy et les Allemands. L’emploi abusif du mot « terroriste » cache la réalité. C’est le gouvernement de Kiev qui, en réalité, tente de terroriser la population civile de Donetsk et Lougansk par des bombardements aveugles sur des cibles non militaires. On ne peut qu’être frappé par la différence de traitement entre la Syrie et l’Ukraine. Toutes choses étant égales par ailleurs, le gouvernement de Kiev utilise les mêmes moyens qui furent reprochés en son temps à Bachar el-Assad. Les insurgés peuvent être qualifiés d’indépendantistes (ce qu’ils sont devenus dans leur majorité) voire de séparatistes. Le qualificatif de « pro-russe » qui est utilisé, en particulier par France-2, est stupide. Les dirigeants du mouvement insurgé n’ont jamais demandé leur rattachement à la Russie. Pour l’instant, ils demandent la reconnaissance de leur autonomie. Rappelons, aussi, qu’à la différence avec la Crimée, le gouvernement russe n’a jamais reconnu la validité des référendums d’indépendance qui ont été tenus dans l’est de l’Ukraine.<

Les sources d’informations disponibles, journalistes mais aussi blogs, et en particulier http://cassad-eng.livejournal.com/ et celui de la Voice of Sevastopol http://voicesevas.ru/news/yugo-vostok/3976-voyna-na-yugo-vostoke-onlayn-23082014-hronika-sobytiy-post-obnovlyaetsya.html, permettent de se faire une idée plus précise des évolutions de la situation militaire sur le terrain.

 

• (a) Les forces loyales au gouvernement de Kiev continuent les attaques frontales sur Ilovaysk, au sud de Donetsk. En dépit d’une supériorité numérique de 1 à 5 (voire pour certains de 1 à 7), d’après l’un de mes correspondants elles n’ont fait aucun progrès et ont subi des très lourdes pertes. Ceci est dû tant à la qualité des forces de la milice des insurgés qu’à une série d’erreurs tactiques assez grossières commises par les forces de Kiev. Les attaques ont eu lieu de manière répétées sur les mêmes axes, et par « petits paquets ». Au nord de Donetsk, les forces de Kiev ont été repoussées, l’agglomération de Yasinovataya a été reprise par les insurgés et celle de Uglegorsk pourrait être reprise dans les 48h qui viennent. Des combats ont eu lieu autour des villes de Severodonetsk et Lisichansk, mais les forces insurgés semblent actuellement trop peu nombreuses pour pouvoir reprendre ces deux villes.

 

Carte 1

 

  Donetsk-Nord

 

(b) L’assaut contre Lougansk semble aussi avoir échoué. Les insurgés ont repris Khryashevatoye et ils s’avancent vers Lutugino. S’ils sont capables de le reprendre, ils renforceront considérablement leurs positions et s’assureront du contrôle de la route Lugansk-Krasnyi-Lutch, désenclavant la ville par le sud. De tels développements pourraient survenir dans les jours qui viennent compte tenu de l’absence de réserves des forces de Kiev.

 

Carte 2

 photo2-0e1e1

 

 

(c) Pour concentrer les moyens nécessaires aux opérations contre Donetsk et Lougansk, les forces de Kiev ont du dégarnir une partie du front vers le sud. Il en résulte que les insurgés ont trouvé un « trou » dans le déploiement des forces de Kiev extrêmement important vers la Mer d’Azov, et plus précisément vers Novoazovsk et Mariupol. Des unités insurgées semblent avoir mené un raid jusqu’aux environs de Novoazovsk, provoquant un début de panique dans les rangs des forces de Kiev. Ces dernières n’ont guère le choix : si elles veulent éviter une (très) mauvaise surprise, elles devront prélever sur les moyens concentrés autour de Donetsk pour défendre Mariupol et Novoazovsk.

 

Carte 3

 photo3-0deb3

 

 

On peut alors se poser la question de ce qui explique ce retournement de situation. A cela, il y a plusieurs raisons.

• (a) Les forces de Kiev sont très mal employées, et semblent avoir un moral en chute libre. Les forces régulières sont mal commandées. Certaines ne semblent guère avoir de goût pour cette guerre civile. Une partie des troupes déployées restent inactives.

• (b) Les forces de la « Garde Nationale » semblent avoir été envoyées volontairement au massacre par le gouvernement de Kiev, qui espère ainsi que les insurgés les débarrasseront des plus dangereux et des plus excités des militants de « Pravyi Sektor » et de « Svoboda » [groupes d’extrême droite et nazi]. Il faut ici signaler que le Président Poroshenko doit faire face à une situation politique mouvante à Kiev. S’il a pu obtenir une majorité en déclenchant les hostilités, il est aussi possible qu’il espère que ces hostilités aboutiront à la destruction des groupes les plus extrémistes.

• (c) Il semble y avoir d’importantes dissensions dans l’Etat-Major de Kiev, que ce soit entre le ministre de la Défense et les officiers supérieurs, ou entre ces derniers et les services de renseignement ukrainiens (le SBU).

• (d) D’après les vidéos et les témoignages des journalistes présents dans les zones de combat, la qualité des combattants insurgés, sans être extraordinaire, semble meilleure que celle des troupes de Kiev. Leur moral est bon, voire excellent, et ces troupes se battent sur un terrain qu’elles connaissent bien, car il s’agit bien souvent des endroits où ils habitent. On a plusieurs cas où la population civile, qui souffre considérablement des bombardements de l’armée de Kiev, fournit une aide précieuse aux insurgés. Il faut noter qu’en dépit de ses affirmations le gouvernement de Kiev a été incapable de montrer une preuve de la présence de forces régulières russes se battant aux côtés des insurgés. Cela ne veut pas dire que l’on puisse exclure la présence de « conseillers ». Mais, pour l’instant, les différentes affirmations quant à la présence de troupes régulières n’ont pu être prouvées.

 

Quoi qu’il en soit, la situation évolue plutôt en faveur des insurgés depuis le 15 août. De ce point de vue, la visite samedi 23 août de Mme Merkel à Kiev doit être resituée dans son contexte. Madame Merkel a rappelé la volonté de l’Union européenne de voir la souveraineté de Kiev maintenue sur la totalité de son territoire. Mais ceci est désormais très compromis. La seule possibilité serait un cessez-le-feu rapide, survenant dans les jours qui viennent, et la reconnaissance des autorités insurgées en échange de leur reconnaissance de l’autorité, bien évidemment formelle, de Kiev sur leurs régions. On aboutirait à la solution qu’avaient en leur temps préconisé les dirigeants russes pour le Kossovo. On sait que les pays de l’OTAN ont soutenu la déclaration d’indépendance du Kosovo. Ce précédent affaiblit considérablement la position de Madame Merkel. Comme le gouvernement de Kiev ne semble pas avoir les moyens de vaincre par la force les insurgés, il est probable que le mieux que l’on puisse espérer est un cessez-le-feu de facto survenant dans les jours qui viennent. C’est pourquoi, il est de l’intérêt des insurgés de pousser leurs avantages là où ils le peuvent. La possibilité d’un effondrement de la défense de Kiev dans la région de Novoazovsk, ce qui donnerait aux insurgés un accès à la mer, n’est pas à exclure. On ne doit donc pas s’attendre à des résultats immédiats de la rencontre de mardi 26 entre Vladimir Poutine et Porochenko, même si le principe d’un cessez-le-feu pourrait être alors discuté.

 

 

SITUATION MILITAIRE EN UKRAINE

 

25 août 2014

 

La situation militaire a connu d’importantes évolutions ces deux derniers jours. Les forces de Kiev semblent s’être effondrées au sud de Donetsk, ouvrant la voie à une contre-offensive des insurgés qui a atteint lundi 25 août les bords de la Mer d’Azov et la ville portuaire de Novoazovsk. D’après mes correspondants (il s’agit de journalistes occidentaux qui travaillent du côté des insurgés), il n’y a pas eu véritablement de combat. Les forces de Kiev se repliant sur Mariupol. Ceci a d’ailleurs été indirectement confirmé par des déclarations du gouvernement de Kiev. Tactiquement, ceci implique que les forces de Kiev qui opéraient au sud de Donetsk sont encerclées. Les « chaudron » ainsi constitué pourrait être réduit dans les jours qui viennent. Par ailleurs, le repli sur Mariupol des forces de Kiev indique que ces dernières sont dans une confusion importante. Des sources proches des insurgés, et qu’il faut donc traiter avec certaines précautions, indiquent que ces forces seraient en train d’évacuer Mariupol pour Zaporozhie. Ceci reste à confirmer. On signale aussi une contre-offensive des insurgés au Nord-Ouest de Lougansk, au-delà de Pervomaïsk, qui les conduits pratiquement à hauteur de Slaviansk. Il semble donc que l’on soit en présence d’une crise majeure pour les forces de Kiev. En tout état de cause, si Kiev veut stabiliser la situation militaire sur les bords de la Mer d’Azov, il n’a pas d’autres choix que de :

• (1) Prélever sur les forces déployées au Nord de Donetsk, mais avec le risque que les insurgés percent aussi dans ce secteur. Or, compte tenu des succès rencontrés par les insurgés, c’est une option TRES risquée pour Kiev, alors que se développe la contre-offensive depuis Lougansk.

• (2) Déployer des troupes gardées en réserves dans la partie Ouest de l’Ukraine, mais dont l’efficacité militaire est douteuse. Le risque ici est que l’engagement de ces unités conduise à de nouvelles pertes et à la capture d’un matériel important par les insurgés.

 

Carte 1

 

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Dans le même temps, on annonce le retour d’Igor I. « Strelkov », qui pourrait coordonner les opérations militaires des miliciens de Lougansk et de Donetsk depuis Krasnodon.

 

En tout état de cause, il est clair que les insurgés ont marqué des points importants ces deux derniers jours. On ne peut exclure que les forces de Kiev, du moins celles qui ne sont pas encore encerclées, se retirent sur la ligne de défense qui a été définie ces derniers jours. Ceci indique bien que l’on est en présence d’une crise tant militaire que politique dans les rangs des forces de Kiev. La décision du Président Poroshenko de dissoudre le Parlement (la Rada) doit être considérée comme faisant partie intégrante de cette crise. D’un autre côté, la faiblesse numérique des insurgés leur interdit de pousser leur avantage trop loin, sous peine de se rendre extrêmement vulnérable à des contre-attaque des forces de Kiev. Il est donc possible que d’ici une semaine ou deux, on arrive à une stabilisation partielle de la situation, qui ouvrirait la voie à un cessez-le-feu. Il est possible que cela soit discuté mardi 26 août, quand le Président russe rencontrera le Président ukrainien à Minsk. Mais, même si cette stabilisation débouchait sur un cessez-le-feu, ce qui est à espérer, la situation resterait toujours très tendue. Les insurgés, désormais, ne sont plus prêts à accepter autre chose qu’un scénario du type Abkhaze ou Ossète du Sud. Or, une telle situation est difficilement acceptable pour Poroshenko, outre le fait qu’elle implique que les ressources en charbon du Donbass restent entre les mains des insurgés, ce qui va poser des problèmes redoutables dès cet hiver pour l’Ukraine. Il faudra du temps pour trouver un compromis acceptable, or le temps est ce qui fait défaut au régime de Kiev qui pourrait bien connaître dans les mois à venir les contrecoups de son incapacité à venir à bout des insurgés de Donetsk et Lougansk. Cette incapacité à écraser l’insurrection dans le sang, ce qui était l’objectif affiché du gouvernement de Kiev, va poser à nouveau la question de la fiabilité des populations dans les régions voisines de Dniepropetrovsk et Zaporozhie. Des soulèvements pourraient alors avoir lieu cet hiver. La situation économique et financière de l’Ukraine va par ailleurs continuer à se dégrader rapidement.

 

De ce point de vue, chaque jour gagné est un avantage pour les insurgés qui semblent désormais avoir imposé la pérennité, au moins provisoire, de la « République Populaire de Donetsk » (DPR) et de la « République Populaire de Lougansk » (LPR).

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encore l'ukraine blogs pour ne pas être soumis à l'info officielle

21 Août 2014 , Rédigé par Pour une vraie gauche à Lannion

Vu de l'intérieur:

 

http://russiepolitics.blogspot.fr/

     Très éclairant! On est loin de France Info et encore plus de la soupe socialiste du Nouvel Obs! 

Analyses:http://dedona.wordpress.com/2014/08/08/tournant-en-ukraine-la-situation-politique-dans-la-guerre-civile-militaire-le-30-juillet-2014-evolution-des-tactiques-et-des-perspectives-pedro-a-garcia-bilbao/

 

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/07/23/le-bilan-de-lurss-pour-les-peuples-voila-surtout-ce-quil-ne-faut-surtout-pas-faire/ 

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/07/08/les-secrets-de-leconomie-ukrainienne-et-maintenant-il-faut-casquer/ 

 

 http://histoireetsociete.wordpress.com/

en particulier

:http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/08/20/interview-du-conseiller-du-president-poutine-sergei-glazyev-video-sous-titree-francais/

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/08/20/en-ukrainelefficacite-des-armes-de-lotan-sur-la-russie-est-elle-testee/ 

 

 

 

  http://vimeo.com/21808582 

 

 

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Drôle de démocratie en Ukraine

19 Août 2014 , Rédigé par Pour une vraie gauche à Lannion

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Les forces réactionnaires européennes et américaines soutiennent sans faille le gouvernement ukrainien. La presse bien pensante française et les partis PS, UMP, Verts et autres libéraux...ne tarissent pas d 'éloges sur une coalition qui comprend les neo-nazis mais tout le monde est muet sur l'interdiction du parti arrivé 3° aux dernières élections : le parti communiste d'Ukraine.

Seul Marianne et l'humanité relèvent cette grave atteinte à la démocratie !

 

Un petit dossier pour rompre le silence !

 

http://www.marianne.net/Quand-le-Parlement-ukrainien-bannit-son-Parti-communiste_a240392.html

 

 

http://www.pcf.fr/57331

 

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/07/22/bravo-lhumanite-et-le-pcf/

 

http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-solidarite-avec-le-parti-communiste-d-ukraine-interdit-dans-trois-regions-semi-clandestin-dans-l-ou-122667956.html

 

 

http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/02/26/depuis-le-triomphe-de-euromaidan-le-parti-communiste-dukraine-kpu-se-renforce-massivement-mercredi-26-fevrier-2014/

 

 

http://www.collectif-communiste-polex.org/bulletin/bulletin_97_art3.htm

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Le Cam annonce une liste PCF aux sénatoriales

19 Août 2014 , Rédigé par Pour une vraie gauche à Lannion



Le Cam annonce une liste PCF aux sénatoriales

http://www.ensemble22.org/medias/files/le-tel-14-aout-senatoriales-gerard-lecam-presente-sa-liste.jpg



Il n'y a aucune divergence sur le fond entre la fédé PCF et le PS22, le seul problème est le rétrécissement de la gamelle.

http://www.ouest-france.fr/quels-candidats-potentiels-aux-elections-senatoriales-1979430

A la proportionnelle, avec les pertes des municipales et les bisbilles liées au naufrage annoncé le PS n'est même pas sur de ses deux siège. Il faut donc donc satisfaire tous les appétits internes: sièges, reconnaissance, etc.. Il ne reste pas de place pour les supplétifs, le PC peut donc nous jouer le numéro de la force indépendante à gauche, à la première occasion il retournera à la soupe, pas sûr que contre quelques compensations ils n'appellent pas à voter PS au nom du barrage à la droite.







 

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L'impasse Hollande par Jerôme Gleizes

17 Août 2014 , Rédigé par Pour une vraie gauche à Lannion

L’impasse Hollande par un membre de la direction EELV (les verts) 

 

« Je dénonce la méthode qui consiste à promettre, à annoncer, chaque fois avec les mêmes mots, et hélas rien ne vient. » François Hollande, 24 mars 2012

 

Plus de deux ans après l’élection présidentielle, il est important de se rendre compte de l’impasse dans laquelle Hollande a placé la gauche française et les écologistes, ainsi que les différents scénarios qui peuvent en découler. Cette impasse doit se mesurer à l’aune de la singularité de la période dans laquelle nous nous trouvons, singularité que je tente de présenter régulièrement dans mes chroniques de Politis, notamment la dernière, « la décomposition du monde ». Depuis la crise des subprimes de 2007-2008, nous sommes entrés dans une accélération de l’histoire. Nous ne connaissons pas le détail des étapes futures mais nous savons qu’elles sont sources de ruptures de toute sorte, politique, géopolitique, économique, sociale… et bien sûr écologique. Dans un article co-écrit pour un journal africain en mai 2008, bien avant la faillite de Lehman Brothers, puis dans une version réactualisée, « de la crise des subprimes à la crise globale », j’avais tenté de lister des événements apparemment singuliers inscrits dans des temporalités différentes, non forcement liés causalement mais dont la conjonction amplifie les différentes crises, créant une crise globale. J’avais en référence le dernier article d’André Gorz, très clairvoyant sur le devenir de nos sociétés : « La sortie du capitalisme aura donc lieu d’une façon ou d’une autre, civilisée ou barbare. La question porte seulement sur la forme que cette sortie prendra et sur la cadence à laquelle elle va s’opérer. » Depuis ces événements se sont multipliés , les dominos ont continué à tomber et la gravité de la crise s’est amplifiée, notamment dans sa dimension géopolitique.

 

Les causes de la crise ne sont pas franco-françaises mais en France, elle prend une tournure particulière, plus politique avec la montée du Front national. De plus, son poids moral, économique, politique fait qu'elle a un rôle à jouer. En 2012, François Hollande a pu gagner dans le contexte particulier de grand discrédit de Nicolas Sarkozy, où pour la première fois, toute la gauche, y compris Lutte ouvrière ou le NPA, des centristes tel François Bayrou, ont appelé à voter pour Hollande ou plutôt contre Sarkozy. Mais deux ans plus tard, François Hollande détient la plus forte côte d’impopularité pour un président de la 5e république. L’UMP reste dans une mauvaise posture à cause de l’affaire Bygmallion ou d’autres affaires judiciaires, rendant difficile le retour de Sarkozy. Mais l’incapacité de Hollande à réagir laisse toutes les éventualités possibles dont celle la plus probable à ce jour de la continuité de la progression du FN. La seule stratégie de Hollande semble être « moi ou le chaos », se placer comme le seul rempart à la montée du FN pour éviter une récidive du 21 avril 2002 en 2017, comme Chirac l'a fait pour son deuxième mandat. Une fois de plus, il place la tactique avant la stratégie et le projet politique.

 

Quelle est la nature de cette impasse ?

 

La politique économique du gouvernement Hollande dans sa version Ayrault ou Valls est totalement irrationnelle. Pire, elle aggrave la situation. Comme le disait Aristote, la politique est comme une science, elle est le produit de la logique et de l’expérience. Si les résultats divergent des objectifs alors il faut changer de politique. Le chômage et la dette atteignent des niveaux records. Le déficit budgétaire n’arrive toujours pas à atteindre les 3 % du PIB. Et aucun changement. Pire, le dernier rapport parlementaire sur le projet de loi de finances rectificative pour 2014 de Valérie Rabault, a montré que le CICE va entraîner une destruction d’emploi de 60  000 emplois. Pourquoi continuer une politique qui ne fonctionne pas ? Même Sarkozy était revenu sur le bouclier fiscal, qui ne coûtait que 5 milliards contre 20 pour le CICE. Au-delà de l’idéologie, la méthode Hollande, la recherche de l’équilibre où l’on fait plaisir un petit peu à tout le monde, ne fonctionne pas pour un État. Les derniers chiffres de lINSEE pour le deuxième trimestre 2014 rappelle la réalité dune non reprise, pourtant tellement évidente. Le pire est que l’investissement est 12 milliards en dessous du niveau du premier trimestre 2008 et laisse peu de chance pour une inversion tant proclamée par Hollande ! Nous sommes toujours dans la croissance performative. Dans un contexte de crise profonde bien différent de la période 1997-2001, elle est même un facteur accélérateur du déclin de la France. Ce n’est pas un discours déclinologue de dire cela, c’est un fait objectif qui demande une réaction singulière. Car au bout de l’impasse, c’est le FN en embuscade.

 

L’impasse n’est pas seulement économique. Même sur les sujets sociétaux, les avancées attendues (droit de vote pour les résidents étrangers, proportionnelle, démocratie d’entreprise…) n’ont pas eu lieu et lorsqu’elle existe comme lors du mariage pour tou-tes, c’est tellement mal gérée politiquement que cela permet une convergence des extrêmes-droites. Aujourd’hui, l’impasse est aussi diplomatique. Depuis le début, Hollande multiplie les impairs. Le 15 janvier 2013, il déclare à propos de l’intervention au Mali qu’il veut « détruire les terroristes. Pour le reste si nous pouvons, nous ferons des prisonniers, (...), ça pourra être utile ». En novembre 2013, il déclare en Israël que « Pour l’amitié entre Benjamin [Netanyahou] et moi même, j’aurai toujours trouvé un chant d’amour pour Israël et pour ses dirigeants ». Le 16 décembre 2013, il déclare au dîner du CRIF à propos du retour de Valls dAlger, « Il en revient sain et sauf et c’est déjà beaucoup ». En décembre 2013, ilfait allégeance au Roi Abdallah d’Arabie Saoudite, ce quaucun dirigeant occidental n’avait fait auparavant. Il loue la « sagesse précieuse »du roi, qui « cherche une solution [en Syrie] politique, soutenirl’opposition modérée et favoriser la transition ». Le 23 juin 2014, il déclarait que le Qatar « a aussi une volonté de contribuer à la paix et à la sécurité de la région, et d’être un acteur important sur le plan international ».Le summum est le communiqué de presse du 9 juillet 2014 où « il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces ». 2 000 morts plus tard dont plus de 80 % de civils, quelle perspicacité ! Et il y a aussi le Tchad, la Russie...

 

Ce gouvernement joue avec le feu en promouvant des pays qui sont loin d’être des États démocratiques. Il essaie d’attirer le maximum d’investissement du Qatar, principal financier du Hamas et des Frères musulmans, tout en assurant son soutien à Israël. Valls, lui, alimente la confusion entre Israël et Judaïsme, oubliant de fait les arabes israéliens et tous les juifs qui ne veulent pas être associés à la politique du gouvernement israélien. Il confond salafisme et frères musulmans. Il transforme un conflit entre deux pays en un conflit religieux, comme si tous les Palestiniens étaient musulmans et tous les Israéliens juifs. Il fait le jeu de fait de tous les extrémistes israéliens ou palestiniens. Il interdit la veille une manifestation de plus de 10 000 personnes, permettant les dérapages extrémistes (Soralien et salafiste). Il laisse faire la Ligue de défense juive pourtant interdite au EU et en Israël, coupable d’avoir fait perdre un œil à un commissaire de police, il y a quelques années. Au lieu de laisser les organisations habituées à gérer ces situations tendues, il préfère avoir une analyse manichéenne pour isoler les progressistes du camp de la paix des mouvements extrémistes.

 

Cette incohérence (ou ce cynisme ?) qui n'est pas l'apanage de la France génère aujourd’hui des dizaines de milliers de morts dans le monde. Nous ne sommes pas dans la logique manichéenne des néo-conservateurs dun camp démocrate contre des terroristes ! mais dans une multiplicité de contradictions que l’Occident alimente, et notamment la France. Comment soutenir à la fois l’Arabie Saoudite, le Qatar et Israël. L’Arabie Saoudite, monarchie théocratique veut imposer la vision wahhabite rigoriste du Coran, sa haine des chiites et des soufis. Cela explique leur soutien aux djihadistes partout dans le monde, qui font exploser des mosquées soufis à Tombouctou, chiites en Syrie ou en Irak. Le Qatar soutient les frères musulmans, ce qui explique les conflits internes aux islamistes ou en Égypte entre les militaires, les salafistes et les frères musulmans. Hollande ne peut pas vouloir combattre les terroristes djihadistes et ne pas s'opposer à leurs financiers, ne pas vouloir une démocratisation des pays d'Afrique et du Moyen-Orient et s'appuyer sur des États non démocratiques. Ce ne sont pas des terroristes, ce sont des acteurs politiques (aux pratiques barbares mais ce ne sont pas les seuls), qui ont des cadres, une organisation, dont des armées organisées, une diplomatie, un projet politique. La guerre a changé de dimension pour se réaliser sur de grands territoires.

 

Hollande, un danger pour la Gauche ?

 

Hollande est devenu un danger pour la Gauche en décrédibilisant son projet avec sa stratégie de la fuite en avant. Aujourd’hui, la politique du gouvernement ne permet ni de sortir de la crise, ni de contrer la montée du FN.

 

Face à cela, 3 attitudes. Soit on considère que le gouvernement actuel est tellement responsable de la situation actuelle qu’il faut le combattre frontalement. C’est la stratégie du Parti de Gauche. Je me suis déjà exprimé sur ce point, il y a un an, bien avant le résultat des dernières élections, dans « Où va la politique française face à une conjonction politique dangereuse ? » sur la stratégie dangereuse de Mélenchon. N’oublions pas que François Hollande a gagné grâce à toute la gauche. Son échec serait perçu comme celui de toute la gauche et le score des élections européennes est là pour nous le rappeler (- de 35 % pour toute la gauche). La déstabilisation actuelle des institutions, aggravée par les derniers événements de la mise en examen de Sarkozy pour corruption, dans le contexte actuel ne peut que favoriser la montée du FN. Aujourd’hui, il n’y a aucune alternative à gauche crédible pour l’opinion. L’échec d’Hénin-Beaumont pour Mélenchon aurait du être un signal en n’arrivant même pas à se qualifier pour le deuxième tour des législatives malgré son bon score à l’élection présidentielle. Il n’en fut rien.

 

La deuxième attitude est celle de partir de l’absence d’alternative, le fameux TINA (There is no alternative). Face à cela, il faut agir au mieux au sein du gouvernement ou dans la majorité pour obtenir le maximum d’avancées. Il faut faire une balance entre les avancées et les reculs. Cette attitude pourrait se comprendre dans une situation où il n’y aurait pas de dégradation de la situation, mais ce n’est pas le cas. Alors, on cherche des boucs émissaires externes. La France serait soumise à une crise externe.

 

Reste la troisième attitude, construire une alternative politique et un programme audible et crédible. Face à une crise singulière, il faut une unité de la gauche, des écologistes, des mouvements sociaux et des syndicats. Les enjeux de la sortie de la crise ne pourront se faire sans une unité large. Cette unité doit éviter tout anti-mélenchonisme ou tout anti-hollandisme. EELV doit jouer le rôle de passerelle entre les deux gauches. Dans ces périodes, il faut être unis et éviter la division, car nos véritables ennemis s’organisent et ont peu à faire de la démocratie. La difficulté est de simultanément répondre à l'urgence pour stopper la déliquescence en cours, faire le programme de rupture que nécessite la crise et trouver les ou la majorité qui le permette dans un contexte où Hollande a produit beaucoup de désillusion.Tout cela ne pourra pas se faire sans une clarification au sein du PS notamment avec la ligne néo-conservatrice Valls qui ne conduit qu'à la dislocation de la gauche et à son déshonneur tellement ses propos l'ont disqualifié avec les « blancos », la non intégration des Rroms en France. Ses derniers propos au JDD du 17 aout 2014 clarifient l'impossibilité de perspective avec lui en jugeant hors de question de changer de politiques et irresponsables ceux qui le demandent !

 

Le danger particulier du FN

 

Le FN n’est pas un adversaire anodin. Ce n’est pas un parti classique de droite. C’est un parti néo-fasciste. Il cherche à prendre le pouvoir et tous les moyens sont bons pour y parvenir. Une fois le pouvoir conquis, il n’y a pas de retour en arrière possible. Comme chaque fois que l’extrême-droite gagne les élections, elle profite d’abord du contexte de crise qu’elle alimente et qui la porte puis enclenche les réformes juridiques qui renforcent son pouvoir. N’oublions pas les travaux de Wilhelm Reich des années 1930 sur « La Psychologie de masse du fascisme ». Ce n’est pas le fascisme qui a endoctriné les masses, mais les masses, réceptives aux illusions, ont porté le fascisme au pouvoir. Petit à petit, on s’habitue aux reculs démocratiques, aux restrictions des libertés, à la présence d’hommes en arme, pour notre sécurité. On trouve des boucs émissaires, les Rroms, les chômeurs, les musulmans. On détourne les mots de leur signification. Le FN défend la laïcité, la liberté de parole, les ouvriers licenciés… Il mène une stratégie de conquête progressive du pouvoir, pas à pas, territoire après territoire. Il a analysé son échec de 1995 où il n’a gardé comme ville conquise qu’Orange. Cette ville est très emblématique de la stratégie du FN, même si Bompard n’est plus membre du FN. Après avoir gagné la ville, il a conforté son pouvoir sur la ville. Sa femme a gagné la ville voisine de Bollène, puis il a gagné la circonscription législative et obtient 59,82 % des voix au premier tour des élections municipales. Àcela, s'ajoute la deuxième circonscription du Vaucluse (sur 4), gagnée par Marion Le Pen. Aujourd’hui, la communication du FN vise à donner de la respectabilité, malgré les « provocations » régulières de Jean-Marie Le Pen. Ce jeu de rôle entre le père et la fille ne doit pas tromper sur la nature de ce parti. Il n’y a pas de mouvement comparable à ce qu’a fait Gianfranco Fini en Italie en quittant le MSI pour créer l’Alliance nationale. Il suffit de lire les analyses de Réflexes ou les travaux des chercheurs qui suivent le FN. De plus, par rapport à 1995, la situation politique, économique et sociale est critique. Dans de nombreux pays, les partis nationalistes montent en puissance et gagnent même des élections comme en Hongrie ou poussent les autres partis à reprendre des éléments de discours et surtout mettre en œuvre une partie des programmes. Nous ne sommes plus dans la lepenisation des esprits mais dans la mise en pratique.

 

Au-delà de l’impasse dans laquelle nous place Hollande, il nous met face au dilemme du 21 avril 2002, la droite républicaine ou le FN. Sauf qu’on ne reproduit jamais deux fois le non-choix, d’autant plus que l’exacerbation de la crise économique est amplifiée par la crise politique. Une crise politique peut être résolue par une réforme institutionnelle mais pas la conjonction des crises politiques et économiques. Le passage de la quatrième république à la cinquième s’est fait dans un contexte de croissance économique. Le problème premier des gens n’est pas d’avoir un meilleur système démocratique ou des territoires plus adaptées à leur vie, mais de résoudre leur problème de précarité ou leur inquiétude d’y sombrer. Il faut certes passer à la sixième république, mettre en place la proportionnelle, faire une réforme territoriale mais c’est aujourd’hui insuffisant pour renverser le cap.

 

Que faire pour EELV et pour les progressistes ?

 

Il y a un accord pour changer de stratégie politique mais encore faut-il savoir laquelle ? Pour cela, il faut résoudre le dilemme du temps, concilier l'urgence de la réponse avec celui du temps long de la construction de l'alternative ? Les attitudes pré-citées face à l’impasse Hollande conduisent à des stratégies contradictoires. Le maintien de l’alliance conflictuelle avec le PS est une impasse. Nous sommes bien loin des avancées de 1997-2001. La maintenir ne permettra pas de faire changer Hollande de cap qui maintiendra une politique inefficace, qui n’empêchera pas la montée du FN. On obtiendra une loi de transition énergétique meilleure, mais insuffisante part rapport aux exigences de la crise. Et nous coulerons politiquement avec le PS. La seule stratégie institutionnelle est insuffisante. Elle nous coupe même de plus en plus de la population.

Il y a une autre stratégie perdante : croire qu’une solution à gauche est uniquement possible en dehors des institutions. L’alternance politique qui pourrait se construire n’est pas aujourd’hui à gauche comme en 1997 ou en 2012 mais à la droite extrême. Il y a une stratégie possible d’alliance au centre à travers un front républicain. C’est une variante du TINA que partage l’UDI ou le Modem. Le problème est que cette politique ne permet en aucun cas de résoudre la crise sociale et renforcerait l’idée que droite et gauche, c’est la même chose. Symétriquement, l’alliance uniquement avec le Front de Gauche est insuffisante pour construire une alternative à court terme et la gravité de la situation nous oblige à agir vite. Le repli identitaire est aussi contraint par l’urgence de la réaction et nous ne sommes plus dans la situation de 2009 où EELV était en capacité d’être moteur d’une alternative écologiste et de gauche.

EELV a donc une équation compliquée à résoudre : retrouver notre situation de 2009, répondre à l’urgence à la situation, construire un front dans lequel nous ne sommes pas noyés, tout en ayant en perspective la singularité de la crise et de sa réponse (voir mon analyse avec Yann Moulier-Boutang, « Une lecture écologiste de la crise, la première crise socio-écologique du capitalisme » ou « un plan B pour Hollande ») L’urgence de la réponse passe par les parlements actuels car dissoudre l’assemblée nationale, c’est à coup sûr redonner le pouvoir à la droite. Il faut élargir l’alliance EELV, Front de Gauche, frondeurs pour atteindre une majorité alternative, quitte à avoir une crise institutionnelle car l’irrationalité de la politique actuelle est telle que l’inaction est tout aussi une impasse qui ne peut que favoriser la montée du FN. Simultanément, il faut préparer une alternative à moyen terme, d’autant plus que la première solution a une forte probabilité d’échouer. La construction d’une alternative ne doit pas commettre les erreurs de la séquence 2009-2012. Il ne faut pas uniquement construire les alliances politiques, ni le programme. Il faut également réfléchir à la mise en œuvre de cette alternative. Ce travail ne doit pas se faire qu'avec les partis mais aussi avec l'ensemble des acteurs sociaux dont une partie a perdu confiance dans la politique.La communauté de pensée écologiste est bien plus grande dans la société que dans la politique mais elle reste insuffisante. Il faut construire, co-élaborer des stratégies pour gagner des victoires qui redonnent confiance.

 

Face à l’impasse Hollande, il faut réagir pour ne pas sombrer.

Jérôme Gleizes



Pour le débat http://blogs.mediapart.fr/blog/jerome-g/170814/l-impasse-hollande

 

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Ukraine: l'OTAN et ses maîtres américains veulent la guerre!

11 Août 2014 , Rédigé par Pour une vraie gauche à Lannion

08 août 2014 | Par Jean-François Goulon

Par Pepe Escobar. Article publié dans AsiaTimesOnline, le 8 août 2014: NATO is desperate for war (traduit par JFG-QuestionsCritiques

in:http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/08/09/lotan-veut-la-guerre-a-tout-prix/

 

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord est prête à tout : ça lui démange de faire la guerre à tout prix sur le champ de bataille ukrainien.

 

Commençons par le commandant suprême du Pentagone, le ministre de la Défense américain Chuck Hagel, qui s’est fait lyrique à propos de la « menace » de l’ours russe : « Lorsque l’on voit le rassemblement de troupes russes et la sophistication de ces troupes, l’entraînement de ces troupes, l’équipement militaire lourd qui est positionné le long de cette frontière, c’est bien sûr une réalité, c’est une menace, c’est une possibilité – absolument ».

 

La porte-parole de l’Otan, Oana Lungescu, n’est pas parvenue à préciser si c’était une « menace » ou une « réalité », absolument ou pas, mais elle a tout vu : « Nous n’allons pas jouer aux devinettes sur ce que la Russie à en tête, mais nous pouvons voir ce que la Russie fait sur terrain – et c’est très inquiétant. La Russie a amassé environ 20.000 soldats prêts au combat à la frontière orientale de l’Ukraine ».

 

Dans un langage caractéristique d’une précision redoutable, Lungescu a ensuite ajouté que la Russie enverrait « très probablement » des troupes en Ukraine de l’Est sous couvert d’une « mission humanitaire ou de maintien de la paix ». Et l’affaire était réglée.

 

Hagel et sa sous-fifre roumaine contrôlée à distance, Lungescu, n’ont de toute évidence pas lu cet article [en anglais] ou tout simplement ignoré l’explication détaillée donnée par le porte-parole de l’armée de l’air russe : il se trouve que cette « menace » ou ce « rassemblement » expire ce vendredi, le dernier jour des exercices militaires annoncés à l’avance.

 

JFG-Rasmussen.jpg

Fogh Anders Rasmussen, alias « Fogh of War » (brouillard de guerre) [1]

 

« Brouillard de guerre » devient nerveux

 

Juste au bon moment, le secrétaire général de l’OTAN, Fogh Anders Rasmussen, est arrivé à Kiev écumant d’une rage guerrière, prêt à jeter les fondations du sommet de l’OTAN, qui se tiendra le 4 septembre au Pays de Galles, où l’Ukraine, intronisée comme alliée majeure non-membre de l’Otan, pourrait être présentée pour devenir, à la vitesse de l’éclair, entièrement militarisée par l’Otan. En outre, l’Otan s’apprête à « rassembler des troupes » sérieusement en Pologne, en Roumanie, dans les Etats baltes et même en Turquie.

 

Mais ensuite, toutes sortes de Khaganat de dérivés de Nuland (comme dans Victoria Nuland, la ministre américaine des Affaires étrangères déléguée aux affaires européennes et eurasiatiques) ont commencé à inventer des histoires à tour de bras. On peut imaginer le vaniteux Rasmussen tentant vainement de se ressaisir.

 

Il a dû faire quelques efforts tandis qu’on lui présentait le spectacle du Président ukrainien Petro Porochenko – un oligarque approuvé, jusqu’au cou dans les pratiques douteuses – faisant de son mieux pour évincer les manifestants d’origine du Maïdan, au centre de Kiev. Ce sont les gens qui, en fin d’année dernière, ont démarré la protestation, qui fut plus tard détournée par le Banderastan (comme dans Prince Bandar ben Sultan), le secteur de la droite des néonazis et les maîtres néocons américains.

 

La protestation originale du Maïdan – une sorte d’Occupy Kiev – était contre la monstrueuse corruption et pour la fin de la valse perpétuelle des oligarques ukrainiens. Ce que les manifestants ont obtenu a été encore plus de corruption, la valse habituelle des oligarques, un Etat en faillite en guerre civile et menacé d’un nettoyage ethnique avoué d’au moins 8 millions de citoyens et, par-dessus le marché, un Etat en faillite en route vers plus d’appauvrissement sous « l’ajustement structurel » du Fonds monétaire international. Il ne faut pas s’étonner qu’ils n’aient pas quitté la Place Maïdan.

 

Donc, Maïdan – la redite – a déjà commencé avant même l’arrivée du Général Hiver. Le roi du chocolat, Porochenko, doit les déloger aussi vite que possible parce que des manifestations renouvelées à Kiev ne s’harmonisent tout simplement pas avec le récit hystérique des médias institutionnels occidentaux, selon lequel « tout est la faute de Poutine ». Le pire, c’est que la corruption est encore plus méchante qu’auparavant – à présent avec plein de connotations néonazies.

 

Avec Brouillard de Guerre qui est déjà furieux parce que « la Russie n’envahira pas », le pompeusement nommé « Secrétaire d’Etat » au Conseil de la Défense et à la Sécurité Nationale d’Ukraine, le néonazi Andrey Parubiy – qui est le candidat le plus probable pour avoir ordonné la frappe le mois dernier contre l’avion civil MH17 – a décidé de se retirer. Un rat approuvé abandonnant un bateau qui coule, manœuvre essentiellement provoquée par le fait qu’il n’a pas obtenu de mettre les bouchées double pour un nettoyage ethnique étendu en Ukraine orientale, et qu’il a dû endurer un cessez-le-feu. Porochenko n’est pas un imbécile : après des tonnes de mauvaises relations publiques, il sait que son « soutien » à l’échelle nationale se réduit comme peau de chagrin.

 

Aggravant encore tout ce cinéma, un croiseur américain lanceur de missiles entre à nouveau dans la Mer Noire « pour promouvoir la paix ». Le Kremlin et les services secrets russes n’ont pas de mal à voir de quoi il s’agit.

 

Et puis, il y a cette horrible crise des réfugiés qui se développe en Ukraine orientale. Mardi dernier, durant une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, Moscou a demandé des mesures humanitaires d’urgence – en vain, comme on pouvait le prévoir. Washington a bloqué cette demande parce Kiev l’avait bloquée (« Il n’y a aucune crise humanitaire à arrêter »). L’ambassadeur russe Vitaly Churkin a dramatiquement décrit la situation à Donetsk et à Lougansk comme étant « désastreuse », soulignant que Kiev intensifie les opérations militaires.

 

Selon l’ONU elle-même, au moins 285.000 personnes sont devenues réfugiées en Ukraine orientale. Kiev insiste pour dire que le nombre de réfugiés intérieurs est « seulement » de 117.000 ; les Nations Unies en doutent. Moscou maintient que le nombre ahurissant de 730.000 Ukrainiens se sont enfuis vers la Russie ; le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en convient. Certains de ces réfugiés, fuyant la localité de Semenivka et la ville de Slaviansk, ont détaillé l’utilisation que fait Kiev du N-17, une version encore plus létale du phosphore blanc.

 

Lorsque l’Ambassadeur Churkin a mentionné Donetsk et Lougansk, il se référait aux casseurs de Kiev parés à une attaque massive. Ils pilonnent déjà le quartier de Petrovski à Donetsk. Près de la moitié des habitants de Lougansk se sont enfuis, la plupart vers la Russie. Ceux qui sont restés derrière sont essentiellement des vieillards et des familles avec de jeunes enfants.

 

Crise humanitaire n’est pas suffisant pour décrire ce qu’il se passe : il n’y a plus d’eau, d’électricité, de communications, de carburant et de médicaments à Lougansk. L’artillerie lourde de Kiev a partiellement détruit quatre hôpitaux et trois cliniques. En un mot, Lougansk c’est la Gaza ukrainienne.

 

Dans une symétrie cynique, exactement comme elle a donné à Israël un blanc seing à Gaza, l’administration Obama donne un blanc seing aux bouchers de Lougansk. Et il y a même une diversion, Obama a longuement réfléchi pour savoir s’il fallait bombarder les casseurs de l’Etat Islamique du Calife en Iraq ou peut-être larguer un peu d’aide humanitaire. Il a opté pour un bombardement (peut-être) « limité » et probablement pour des largages moins limités de nourriture et d’eau.

 

Donc, soyons clairs ! Pour le gouvernement américain, « il pourrait y avoir une catastrophe humanitaire » sur le mont Sinjar en Irak, impliquant 40.000 personnes. Quant aux 730.000 Ukrainiens de l’Est, chiffre minimum, ils ont le droit solennel d’être pilonnés, bombardés, frappés par voie aérienne et transformés en réfugiés.

 

La Nouvelle Somalie

 

Les lignes rouges de Moscou sont assez explicites : l’OTAN hors de l’Ukraine ; la Crimée fait partie de la Russie ; aucun soldat américain à proximité des frontières russes ; une protection totale pour l’identité culturelle russe du Sud et de l’Est de l’Ukraine.

 

Pourtant, la crise humanitaire – véritable – (que Washington réfute) est à elle seule un autre sujet sérieux. Les forces de Kiev ne sont pas équipées pour une guerre urbaine prolongée. Mais en supposant que ces forces – un mélange de soldats réguliers, de milices financées par les oligarques semant la terreur et la mort, de la garde nationale ukrainienne infestée de « volontaires » néonazis et de mercenaires étrangers entraînés par les Américains – décident de se livrer à un carnage de masse pour prendre Donetsk et Lougansk, alors il est probable que Moscou devra prendre en compte ce que les types de l’Otan présentent comme une « intervention terrestre limitée » en Ukraine.

 

La bande de communicants de l’OTAN est assez bête pour croire que si Poutine peut déguiser l’intervention en mission humanitaire ou de maintien de la paix, il peut également la vendre à l’opinion publique russe. Sa cote de popularité est à un niveau astronomique de 87%. Seul un – improbable – carnage de masse perpétré par Kiev changerait la donne et influencerait l’opinion publique. Considérant que c’est exactement ce que veut l’OTAN, Brouillard de Guerre fera des heures sup’ pour forcer ses vassaux à provoquer un tel carnage.

 

Enfin, tenant compte des derniers développement, ce que les faits sur le terrain indiquent est que l’actuelle valse des oligarques à Kiev se délite déjà – comme dans l’exemple ICI [2]. Moscou n’aura même pas besoin de se donner la peine de penser à « envahir ». En attendant, le génocide au ralenti de Porochenko en Ukraine de l’Est, de même que sa répression de la redite du Maïdan à Kiev, continueront d’obtenir un blanc seing. Tous saluent l’Ukraine comme la nouvelle Somalie, un Frankenstein bien opportun créé par l’Empire du Chaos exceptionnaliste.

 

___________

 

Notes :

 

[1] le « brouillard de guerre » désigne le caractère flou ou incertain des informations dont disposent les belligérants à propos de leurs ennemis. En anglais : fog of war.

 

[2] "Les Ukrainiens mobilisés pour la guerre, les femmes brûlent les ordres de mobilisation."

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"Jaurès, reviens! Ils ont changé de camp!" par J.L.Mélenchon

7 Août 2014 , Rédigé par Pour une vraie gauche à Lannion

 

Tribune parue dans le JDD du 27 juillet 2014 par Jean Luc Mélenchon.

Jaurès, reviens ! Ils ont changé de camp !

 

À l’occasion du centenaire de l’assassinat, jeudi 31, de la figure socialiste, le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, fustige François Hollande et Manuel Valls.


Jaurès ! Ils n'ont plus que ce nom à la bouche ! Sarkozy avant-hier, Le Pen hier, Hollande et Valls aujourd'hui! D'où leur vient cette audace? Pour reprendre les mots du tribun, s'ils se battent autant pour les cendres, c'est pour mieux étouffer la braise.

Manuel Valls voulait l'enrôler pour ses sordides cadeaux au Medef. Jaurès aurait « sans doute » voté le pacte de responsabilité, a-t-il osé ! Faire parler les morts pour endormir les vivants. L'arnaque ! Jaurès aurait plutôt affronté Valls comme il avait affronté son modèle, Georges Clemenceau, quand il fallait soutenir les travailleurs face à la répression.

Une chose est sûre. Jaurès n'était pas un gentil garçon. Il ne cherchait pas l'estime des mous. Vous imaginez François Hollande capable de dire comme lui à propos de la Révolution française : « Je ne veux pas faire à tous ces combattants qui m'interpellent une réponse évasive, hypocrite et poltronne. Je leur dis : "Ici, sous ce soleil de juin 1793 qui échauffe votre âpre bataille, je suis avec Robespierre, et c'est à côté de lui que je vais m'asseoir aux jacobins. Oui, je suis avec lui parce qu'il a à ce moment toute l'ampleur de la Révolution " »

Jean Jaurès avait obtenu une première loi fixant l'âge de la retraite à 65 ans. C'était en 1910. Hollande vient de le reporter à 66 ans, comme il s'en est vanté auprès de la Commission européenne. Un siècle après, Hollande a fait pire que la réforme de Sarkozy et défait ce que Jaurès et tant de générations de militants avaient arraché au prix de tant d'efforts.

Jean Jaurès n'était non plus pas l'inoffensif « réformiste » que décrit Manuel Valls pour mieux le couper de l'aspiration révolutionnaire. Fausse route. Jaurès n'opposait pas les deux, loin de là. Son discours de 1900 sur « les deux méthodes » le dit avec clarté. Jaurès voulait faire « dans la réforme, œuvre commençante de révolution ; car je ne suis pas un modéré, je suis avec vous un révolutionnaire ».

Contrairement à Jérôme Cahuzac, qui n'a « jamais cru » à la lutte des classes, Jean Jaurès l'identifiait : « Entre les deux classes, entre les deux groupes d'intérêts, c'est une lutte incessante du salarié, qui veut élever son salaire, et du capitaliste, qui veut le réduire ; du salarié, qui veut affirmer sa liberté, et du capitaliste qui veut le tenir dans la dépendance. »

Jaurès n'était pas un apôtre de la moralisation du capitalisme ni du « donnant-donnant » avec le grand patronat et autres sornettes élyséennes. Il prônait tout autre chose ! Nationalisations, coopératives, mutuelles… Jaurès laissait le soin aux travailleurs de définir la forme concrète que devrait prendre la propriété collective. Mais il en défendait fermement le principe, « l'avènement d'un ordre nouveau dans lequel la propriété, cessant d'être monopoleuse, cessant d'être particulière et privée, deviendra sociale, afin que tous les producteurs associés participent à la fois à la direction du travail et au fruit du travail ».

La presse jouait l'exploitation des peurs pour exciter contre les « terroristes » de son temps ? Il voit le dégât si actuel : « À un peuple ainsi affolé, ainsi abêti par la peur, toute foi en la race humaine et en l'avenir n'apparaît que comme une dangereuse chimère, comme une meurtrière illusion. Il ne comprend même plus que le progrès est la condition de l'ordre. » Quand Hollande abdique le pouvoir des Français dans les mains des androïdes de la Commission européenne, Jaurès lui tire l'oreille : « Partout en Europe la lutte est engagée entre les oligarchies et la démocratie politique et sociale. » Quand il voit que Hollande leur a aussi cédé le pouvoir budgétaire du pays, il tonne : « La démocratie politique s'exprime en une idée centrale ou mieux encore en une idée unique : la souveraineté politique du peuple. » Quand Hollande soutient le gouvernement Netanyahou, il se fâche : « Il ne faut jamais abandonner à la force ce que la raison peut régler. »

Déjà caricaturé en bête furieuse, parfois une torche incendiaire à la main, toujours une bouteille de vin dans la poche, ou décrit comme un agent de l'étranger, il lui faut tout subir. Un député de droite monte même à la tribune et le frappe tandis qu'il parle. Parfois le cœur saigne : « Je n'en peux plus. Depuis quelque temps, je les sens tous là, prêts à m'insulter dans ma femme ou dans ma fille. Je reçois des lettres d'ordures. Je sens grimper les limaces. Je me sens couvrir de crachats. » Mais l'espoir est indéracinable : « Nous savons par une expérience qui s'appelle la Révolution française qu'il ne faut jamais désespérer et qu'un jour ou l'autre, dans notre pays de France, la grandeur des événements répond à la grandeur de la pensée !" »

 

Jaurès, reviens ! Ils ont changé de camp !

 

 

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