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Publié par Pour une vraie gauche à Lannion

 

Aux adhérents et amis de l'AFPS Trégor

 

AFPS Trégor

Communiqué d 4 août 2025

 

“Quand je vois un génocide, je sais le reconnaître.” Ainsi s’exprime Omer Bartov, universitaire israélien spécialiste de l’Holocauste. Ce dont il parle, c’est bien sûr de la campagne de destruction totale que mène l’armée de son propre pays dans la bande de Gaza. Il rejoint ainsi les experts et grandes ONG du monde entier, toujours plus nombreux y compris en Israël, qui ne craignent plus de qualifier par ce mot terrible ce qu’Israël inflige à la population de Gaza depuis 22 mois maintenant.

 

Le monde sait, le monde voit, et laisse faire. Les états les plus puissants, dont la France, préfèrent soit regarder ailleurs, soit se hâter lentement et faire mine d’agir en évitant de se heurter à l’allié de toujours.

 

Génocide : l’évidence est chaque jour plus forte et rend chaque jour plus insupportable l’inaction complice de nos dirigeants.

 

Nous sommes tous concernés car, au-delà de toute opinion politique, c’est notre humanité qui est engagée.

C’est pourquoi l’AFPS Trégor appelle ce samedi 09 août la population trégorroise à manifester dans les rues de Lannion, son indignation et son refus d’une indifférence criminelle, en silence et derrière le seul drapeau palestinien, sans drapeaux partisans. Les pancartes individuelles sont bienvenues.

 

MANIFESTATION

Samedi 09 août

départ à 11h30

du Quai d’Aiguillon

 

 

 

 

AFPS-Trégor
Groupe local de l'Association France Palestine Solidarité
 
Notre page FaceBook : www.facebook.com/AFPS.Tregor

 

 

Nous ajoutons ce petit commentaire:

Malheureusement David Grossman, il est trop tard, beaucoup trop tard
août 04, 2025

David Grossman est un grand écrivain israélien qui fait partie des gens respectables dans ce pays désormais à la dérive. De ces consciences israéliennes qui de loin en loin permettent à certains de s’accrocher à l’illusion d’une solution de paix durable. Son fils de 20 ans a été tué au combat en 2008 dans une des guerres imposées par Israël au Liban.

Il vient de s’exprimer en reconnaissant que ce qui se passe à Gaza « c’est un génocide. Ça me brise le cœur, mais je dois le dire maintenant ». Cette prise de position tardive est cependant précieuse dans le combat contre ce qu’Israël fait en Palestine. La qualification de génocide est décisive. Irréfutable aux plans juridique, politique éthique et moral, elle est un levier important pour essayer d’isoler les fanatiques soutenus par une grande majorité d’Israéliens. C’est la raison pour laquelle tous ceux qui soutiennent activement le massacre de Gaza se battent bec et ongles contre cette évidence.

 

Mais rendre hommage à la prise de position de David Grossman ne doit pas nourrir l’illusion sur l’établissement d’une paix et d’une coexistence qui n’ont jamais existées. Le projet de Théodore Herzl portait en lui-même cette impossibilité. Si on a pu imaginer que ce pari pouvait réussir, le diagnostic irréfutable de l’échec est incontournable aujourd’hui au regard de l’Histoire et de l’achèvement ahurissant que constitue le massacre de Gaza.

Ainsi, aussi respectable et émouvante soit-elle, la prise de position de David Grossman doit apparaître aussi pour ce qu’elle est : une tentative de conjurer ce qu’au fond chacun commence à ressentir : le projet israélien est aujourd’hui condamné. On trouve derrière cette prise de conscience beaucoup d’initiatives, à commencer par celle un peu ridicule de cette pétition incantatoire publiée dans le Monde appelant à la libération de Marwan Bargouthi le dirigeant politique palestinien enfermé depuis plus de 20 ans, pour lui voir jouer le rôle d’un improbable Mandela. D'abord, les fanatiques qui dirigent un Israël devenu paria, ne veulent ni de la paix, ni bien sûr d’un État palestinien. Ensuite, c’est trop tard, tellement trop tard…

Ceux qui ont un peu de mémoire historique, penseront au précédent d’Albert Camus. Prix Nobel de littérature né en Algérie dans une famille de pieds-noirs pauvres, ayant toujours conservé un attachement profond à cette terre, qu’il considérait comme sa patrie d’enfance. Lui aussi voulait qu’elle soit être un lieu où Européens et Arabes pouvaient cohabiter pacifiquement. Il ne soutint jamais l’indépendance de l’Algérie, prônant une solution où Arabes et Européens pourraient vivre ensemble avec des droits équitables. Pour finir par répondre à l’interpellation d’un étudiant algérien à Stockholm au moment de la remise de son prix Nobel : « Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice. » Ensuite, jusqu’à sa disparition brutale, il se taira devant l’inéluctabilité de l’indépendance.

Trouvée sur les réseaux, je publie ici une réaction palestinienne à l’interview donnée par David Grossman au quotidien italien « la Repubblica » . Dont on trouvera également le fac-similé ci-dessous.

« C’est un génocide. »

Merci, David Grossman. Tu as mis 22 mois, plus de 60000 morts, des enfants brûlés vifs, des tentes de réfugiés effacées de la carte et des hôpitaux transformés en morgues, pour enfin dire ce que chaque Palestinien crie à s’en arracher la gorge. Mais voilà qu’on applaudit ton “courage”. On s’émerveille de ta “lucidité”. Tu pleures “le cœur brisé” mais ce cœur, il s’est brisé où ? Certainement pas à Deir Yassine. Pas à Sabra. Pas à Khan Younès. Pas à Gaza en 2008. Ni en 2014. Ni en mai 2021. Tu t’es réveillé après l’irréparable, comme si ta voix, soudain, réparait quoi que ce soit. Et bien sûr, tu dis : “Tout a basculé en 1967.” Comme si les bulldozers de Yaffa n’avaient jamais hurlé. Comme si Haïfa n’avait pas été vidée.

Comme si nos maisons ne portaient pas encore les clés rouillées de 1948.

Comme si l’horreur était arrivée un jour de juin, et pas en 1947, ou 1917, ou dans chaque bureau d’état civil qui efface nos noms.

Non, ce n’est pas l’occupation de 1967 qui a “corrompu” Israël.

C’est le projet lui-même. Un projet bâti sur notre absence, sur notre effacement, sur notre dépossession, sur notre nettoyage ethnique. L’État israélien n’est pas tombé dans la “tentation du pouvoir absolu”. Il est né avec cette tentation. Il s’est construit sur l’idée que nous n’existons pas, que nous sommes un obstacle, une poussière à balayer, des noms trop longs pour les cartes d’identité.

Alors non, tu n’as pas “tout fait” pour éviter ce mot. Tu as fait exactement ce que fait ce régime depuis 77 ans: tu as regardé ailleurs. Tu as parlé de paix quand on parlait de survie. Tu as brandi l’humanisme quand on enterrait nos enfants.

Et maintenant que le sang déborde les écrans, tu veux parler “comme un homme brisé”, au nom d’un “socle commun”, au nom de l’humanité retrouvée ? Non. Nous ne bâtirons rien sur des silences aussi épais. Nous n’avons pas besoin de ton réveil, David.

Nous avons besoin que ce système tombe.

De l’apartheid, pas d’excuses.

De l’occupation, pas de poèmes.

De la colonisation, pas de soupirs.

 

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